Maman, j'ai peur
NOZIERE, Jean Paul. - Maman, j'ai peur. - Thierry Magnier (Roman). - ISBN : 978-2-36474-815-6 : 14,50 €
Eloïse, tout juste majeure et Grégoire, dix sept ans ont choisi de ne pas partir en vacances avec leurs parents mais de rester à Boriro-les-Bains, petite station balnéaire. En rentrant un jour chez lui, Grégoire surprend une jeune fille, d'une incroyable beauté, en plein cambriolage. Tombé éperdument amoureux de la dénommée Anca Marcovic, « sa gitane » il cherche à la retrouver, repère le groupe auquel elle appartient, fait la planque devant leur squatt et pour finir participe à un scénario imaginé avec ses amis Ludovic, Tintin, un ancien gendarme, et sa sœur Eloïse pour lui venir en aide et la tirer des griffes de ses brutaux commanditaires. Il découvre alors, et nous avec, un univers de misère et de brutalité dévoilé par la lecture du « Livre de ma vie », témoignage écrit de Téréza, l'amie d'Anca, une jeune rom assassinée après avoir été exploitée.
Atmosphère lourde et brutale pour ce livre qui veut dénoncer une situation mais qui du même coup reprend des clichés qui stigmatisent une communauté, celle des roms, à qui l'on attribue vols, usurpations d'identité, marchandages et exploitations d'enfants. Rien de bien optimiste en somme.
Joelle Dupré, Documentaliste collège Paul Bert Auxerre

Un livre sur la Corée du nord c’est déjà tellement rare que cela mérite de mettre ce livre en avant. D’autant plus qu’il nous ouvre des portes inimaginables sur le pays le plus fermé au monde. Tellement opaque que par moment dans la lecture, on pense que l’on a à faire à un pays imaginaire tant la « déplanétisation » est incroyable comme le dit une des protagonistes.
Romantique et rêveur, Silas s'occroît parfois le droit d'être seul avec lui-même et de songer à sa petite amie Astrid en se déconnectant du réseau, aussi lorsque celle-ci se fait écraser devant lui par un camion, il est aussitôt submergé par la douleur et ne peut bien sûr pas contenir son chagrin ce qui le conduit directement dans les services de la CEDE. Notre futur est en effet un monde hyper connecté où l'existence de chacun se mesure au nombre d'amis et activités qu'il entretient sur le Réseau. Un monde où l'on se doit d'être heureux, où la douleur n'est pas acceptée, effacée par la CEDE, la Cellule d'Eradication de la Douleur Emotionnelle, chargée d'annihiler tous traumatismes ou traces de souffrances de la mémoire. On appelle cela être oblitéré. Le procédé est obligatoire pour les mineurs, tandis que les adultes y recourent volontairement. Déception, dépression, chagrin, deuil, n'ont plus alors d'intensité et sont oubliés. Un petit point bleu lumineux au creux du poignet rappelle simplement qu'une douleur a été éradiquée. Rares sont désormais ceux qui n'ont pas de marques d'oblitération au poignet et plus rares encore ceux qui reconnaissent la douleur comme étant le signe indubitable de leur humanité. Astrid, la petite amie de Silas était de ceux là. Elle voulait avec quelques autres réveiller les consciences et sa mort sera l'opportunité inespérée de diffuser son message.
Martha, qui coule une paisible retraite à Nice, a été sollicité par sa fille pour accueillir son petit-fils de dix sept ans, Sam, et l'éloigner ainsi de l'ordinateur, télévision et autres jeux vidéo auxquels, selon ses proches, il s'adonne trop, jusqu'à en oublier la vraie vie. Martha n'ayant aucun écran chez elle, les risques seront faibles de le voir céder à son penchant et, en compagnie de sa grand-mère, il pourra lire, préparer sereinement son bac de français et se livrer à sa passion pour la musique. En dehors de son addiction pour tous les moyens de télécommunication modernes, Sam est en effet un bon élève, un pianiste doué et surtout un petit-fils tendre et affectueux, doté d'un solide appétit, avec lequel sa grand-mère entretient d'excellentes relations. La cohabitation avec son petit-fils ne devrait donc pas être insurmontable mais réserve cependant une surprise de taille à Martha qui se découvre un intérêt certain pour l'objet prohibé, l'ordinateur, qu'elle fait entrer chez elle en cachette, rompant ainsi le pacte de confiance conclu avec elle.
Image de soi ; amitié, challenge, Astrid Blomvall, Hakima Idriss et Mireille Laplanche ont été respectivement élues Boudin d'or, Boudin d'argent et Boudin de bonze, au concours sur Internet organisé par Malo, un élève de leur lycée qui consacre chaque année les filles les plus moches de Bourg-en-Bresse. Si Mireille, qui figure au palmarès depuis trois ans, aborde les choses avec un certain détachement dû à son caractère, il n'en va pas de même pour les deux autres Boudins qu'elle prend sous son aile pour les aider à faire face à cette épreuve, transformant même cette infortune en succès médiatique. En effet toutes trois, accompagnées du frère handicapé d'Idriss, décident, pour des motifs divers mais convergents, de monter à Paris « gate-crasher » la garden-party de l'Elysée et de le faire à vélo, tout en vendant du boudin tiré de leur pick-up, ultime pied de nez au concours qui a fait leur notoriété. Une initiative de trois Boudinettes qui ne passera pas inapercue.