ROBIN,La nef d’Enileis. – JCR Editions,
2008 : ISBN
Des enfants échappent au massacre des
habitants de la cité légendaire Troie. Parmi eux, Ascagne, fils du
héros Enée, Scamandrios, fils d'Andromaque, Thémis, fille de Pâris
et Hélène et Enileis, une jeune fille aux cheveux blancs. Les six
enfants embarquent sur un frêle esquif et après avoir affronté une
forte tempête, ils sont recueillis par un vieil homme Aritéas qui
lui navigue à bord d'un "bateau" piloté par une baleine
!! Puis ils vont vivre des moments difficiles, avec entre autre une
rencontre avec les Lestrygons. Pour finir, Enileis doit descendre aux
Enfers afin de sauver Ascagne de la mort...Mais ce qu'ignorent nos
jeunes héros, c'est qu'ils sont des pions entre les mains de
Aphrodite et son frère Apollon...
J'ai aimé le personnage d'Enileis,
ingénieux, courageux et indépendant ainsi que cette manière
d'aborder la mythologie. Il y a beaucoup de fantaisie dans ce roman
d'aventure ce qui le rend très agréable à lire. Les élèves
devraient prendre plaisir à sa lecture.
Junior est un indien hydrocéphale, sauvé par une opération dans son enfance qui vit dans une réserve indienne. Son cerveau abimé fait de lui un enfant très intelligent mais rejeté de tous. Suivant les conseils de son professeur il décide d'aller au lycée de la ville blanche à 35 km de la réserve. Et là une autre bataille commence pour ce faire accepter par ces blancs qui n'ont jamais vu un indien lycéen et encore moins intelligent. Ce livre est une véritable leçon de courage que nous donne cet adolescent courageux, opiniâtre et doté d'un humour certain qui va trouver sa place dans ces deux mondes opposés. A garder absolument. De plus, ce livre est parsemé de dessins réalisés par Junior, ils sont drôles, naïfs et attachants et ponctuent parfaitement les dires du narrateur.
Galfard, Christophe. - Le prince des nuages. - Pocket Jeunesse, 2009. - 978-2-226-18756-5 : 19 € 4ème / 3ème Anticipation - écologie - environnement - quête
Un roman d'un autre genre qui mélange un texte littéraire fort captivant d'un jeune garçon qui vit sur un nuage avec des réfugiés après une catastrophe intervenue sur la planète Terre et de nombreuses apartés documentaires expliquant les phénomènes météorologiques, climatologiques qui règlent la vie sur Terre. Le tout est parfaitement bien équilibré. L'histoire est passionnante et les explications scientifiques abordables et compréhensibles renforcent la teneur de la lecture. Si vous avez le temps... essayez le... il aurait une place dans le prix (en 4ème 3ème pour une meilleure compréhension de la partie technique)
CHABAS, Jean-Français.
- les Monts de l’éléphant. - Ecole loisirs février 2008 (Médium) ISBN 978-2-211-09207-4 :
9.50 €
4ème / 3ème
Deux gros tiers de jérémiades d'un ancien enfant né avec une cuillère en or dans la bouche (comme il le dit lui même), un tout petit tiers de prise de conscience coincé dans un ascenseur avec une femme rescapée du génocide des khmers rouges (d'où le titre du livre) et voilà un livre que je ne laisserai pas dans le prix. Seuls les adultes peuvent apprécier ce discours d'un homme qui a tout raté et qui ne saura (à la fin de l'ouvrage) que prendre son frère dans ses bras et lui dire ainsi son amour (et c'est déjà cela). J'ai bien aimé l'écriture, l'époque concernée, les non dits d'une société coincée par des règles d'un autre temps, mais les élèves apprécieront-ils ? j'en doute...
Salim, à qui on a offert un billet, monte dans la grande roue à 11 h 32 et ne réapparait jamais à la sortie. Ted, jeune autiste et sa soeur Kat vont se lancer à la recherche de leur cousin disparu. Dès les premières pages, on s'attache à Ted et à son humour. On apprécie cette façon si particulière qu'il a de décrire sa maladie, à son humour, à son intelligence si différente et si pertinente. Le frêre et la soeur se chamaillent mais s'adorent, ils vont s'unir tant bien que mal pour retrouver Salim suivant une par une les théories explicatives plus ou moins loufoques de Ted. Les parents désemparés sont également attachants. Amour (parental, fraternel), humour, opiniatreté sont les maitres mots de cet ouvrage à garder sans soucis pour le prix.
Il faudra cependant choisir avec "la parole de Fergus" qui est du même auteur.
NOZIERE, Jean-Paul. – Tu peux pas rester là. – Th. Magnier,
août 2008 (Roman). ISBN 978-2-84420-677-0 : 8.50 €
6ème /5 ème Immigration - travail clandestin - amitié
Mei est une adolescente chinoise qui vit avec sa mère dans un minuscule
appartement d’une ville de France. Un passeur les a fait venir contre
l’exploitation du travail de sa mère dans un atelier de confection plus ou
moins légal. Mei et sa mère n’ont pas de papiers… Pourtant, malgré les menaces
qui se précisent, Mei décide de vivre au grand jour, avec ses copains
inséparables, tous deux amoureux d’elle, Léo et Tom (fils du gendarme qui est
chargé des expulsions). Elle avance dans sa vie, légère, butée, décidée à ne
pas se laisser faire. Le roman, malgré une fin réaliste, n’est pas toujours
complètement vraisemblable à mon sens, mais il dégage une vivacité et un goût
de la vie qui font du bien. C’est un sujet d’actualité, traité sans
misérabilisme, et plutôt bien écrit.
SIMARD, Eric. – L’arche des derniers jours. – Syros, février 2009 (Soon). ISBN
978-2-7485-0779-9 : 15.90 €
4ème / 3ème Science fiction - mythologie -
Au début du 22e siècle, les
hommes ont ravagé la Terre (classique). Des adomutants vivent cachés dans les forêts, à l’abri des hommes
qui les ont rejetés à cause de leurs pouvoirs étranges : chaque adolescent
correspond à un animal avec qui il entretient une communion : Iza et
Louve, Lyan et Cerf, Shaona et Aigle, Mynor et Taureau, Youn et Dauphin. Loin
de là, dans les Cyclades, des milliardaires se sont associés pour créer un
champ magnétique isolant leurs îles du reste du monde, les mettant à l’abri.
Dans l’Arche, des scientifiques travaillent sur la biodiversité. Parmi eux,
Ricci Belladona a conçu un projet d’envergure : capturer les adomutants et
leurs « amimaux » pour forger avec leurs corps mêlés des chimères…
On retrouve dans ce roman de SF les thèmes
chers à Eric Simard, notamment celui des chimères, ici inspirées de la
mythologie grecque. Le roman brasse ces inspirations de manière correcte,
malgré (comme souvent dans les romans SF de l’auteur à mon avis) quelques
faiblesses de style et de construction. A noter cette fois-ci, une fin plutôt
noire avec la mort de la plupart des héros (désolée de vous désappointer
d’avance !) Pas mal, intéressant par les thèmes, pas magistral non plus
pour moi.
SMITH, Roland. – Pic. – Seuil, janvier 2009 (Karactère(s)). ISBN
978-2-02-097987-0 : 12.50 €
4ème 3ème Alpinisme - escalade - sport extrême
Pic est un adolescent new-yorkais qui
vit avec sa mère depuis qu’elle a quitté son père. Ils étaient tous les deux
champions d’escalade, et Pic a pour hobby d’escalader les buildings de New-York
pour y tagger sa marque. Un jour d’escalade plus risquée que les autres, il est
cueilli par la police et passe en jugement : un jeune vient de mourir en
essayant de l’imiter et le maire de New-York veut une sanction exemplaire pour
faire peur aux candidats à l’exploit. Le père de Pic débarque d’Himalaya pour
se porter caution : il emmène son fils avec lui le temps que l’affaire se
tasse et que les médias l’oublient. Mais il a une idée derrière la tête :
Pic n’a pas encore quinze ans, s’il parvenait à lui faire faire l’Everest, il
se ferait une bonne pub pour son agence de séjours sportifs « Pic
Extrême »…
Ce roman d’aventure sportive et humaine
devrait plaire aux amateurs du genre. Il se lit agréablement sans être
inoubliable. Il ressemble étrangement à un autre roman récent (L’étoile de
Sagarmatha).
1931, Paris gare Montparnasse. Un enfant d'une douzaine d'années vit seul après le décès de son père et la disparition de son oncle dans cette vaste gare. Pour pouvoir continuer à vivre dans ce seul endroit qu'il connait, il perpétue le travail de son oncle qui consistait à régler les très nombreuses horloges du lieu. Son seul réconfort c'est le carnet hérité de son père qu'il lui permettra de finir l'oeuvre de ce dernier : remettre en état un automate qui écrit. Mais en volant de petites pièces mécaniques au marchand de jouet de la gare il va se faire dérober ce carnet. Il n'aura alors de cesse que de le reconquérir des mains du vieux propriétaire du kiosque à jouets découvrant par là le très étrange secret de cet homme.
Ce livre est gros, voir "énorme", mais c'est parce qu'il est illustré merveilleusement et que les images font partie prenante du récit, ce qui entraîne une autre manière de lire ce livre, très spécial, mais très attachant et qui se dévore. A garder absolument pour le prix, mais nos élèves ne vont ils pas avoir peur de la taille du livre (il est également lourd... !)
Danièle B.
AUTRE ANALYSE ET AUTRE AVIS
Voici un livre tout à fait
singulier : l’auteur a écrit le roman et dessiné les images, les deux
étant totalement imbriqués. Au fil des
pages, le dessin poursuit la phrase laissée en suspens, puis les mots
reprennent les pistes ouvertes par les images… toute une ambiance se crée au
fur et à mesure, qui fait l’essentiel de la saveur du roman. Il s’agit vraiment
d’un livre d’images et de mots, les deux totalement imbriqués. Dans une gare on
ne sait ni trop où ni trop quand, un petit garçon se faufile le long de
couloirs dérobés, remontant les horloges et surveillant de loin la boutique
d’un vieux marchand de jouets. On comprend au fil des pages que la garçon vit
seul à la suite de la mort de son père, qu’il a été recueilli par son oncle,
responsable des horloges de la gare, et qu’il poursuit seul le travail de
l’oncle depuis la disparition de celui-ci. Il vole régulièrement chez le
marchand de jouets, pour se procurer les pièces nécessaires à la réparation
d’un automate que son père lui a (d’une certaine manière) légué. On découvrira
également que le vieux marchand de jouets n’est autre qu’un certain Georges
Meliès…
Dans ce roman - images tout en
clairs-obscurs, l’illusion est reine… Une ambiance très particulière se crée au
fil des pages, et malgré quelques facilités de style, l’ensemble est
particulièrement propice à l’imaginaire. J’ai beaucoup aimé ; nos ados s’y
retrouveront-ils ?? (d’autant plus qu’il s’agit – vu qu’il y a une bonne
moitié de dessins d’un vrai gros pavé…)
Caroline V.
Beau et étrange
Moi aussi j'ai aimé ce roman curieux dans sa forme et je me suis
laissée guider par les illustrations qui sont les mots et sentiments
mis en images. Mais nos élèves oseront-ils se perdre dans un si
volumineux livre ?
« Quand les chevaux courent contre le vent, avec leurs queues et leurs
crinières qui volent, je trouve qu’ils ressemblent à une succession de coups de
pinceau de toutes les couleurs. Je les considère comme les artistes qui
travaillent à embellir cette immense toile du plein air ».
Depuis la mort accidentelle de
ses parents six ans auparavant, Maya est élevée par sa grand-mère paternelle,
une femme très dure et autoritaire qui voue une haine féroce à sa belle-fille
défunte. Les seuls souvenirs que Maya possède d’Ellie, sa mère, sont une photo
d’elle dans une boite à chaussures ainsi que des petits chevaux en plastique
avec lesquels elle joue en cachette. Le jour où sa grand-mère décède, Maya part
vivre auprès de sa famille maternelle dans le Wyoming. Là, elle va vivre une
vie bien différente de celle qui a été la sienne jusqu’à présent, une vie
exaltante au contact de la nature et des grands espaces. Comme sa mère avant
elle, Maya va connaître une relation fusionnelle avec les chevaux et retrouver
Artemisia, la jument d’Ellie redevenue sauvage.
Ce livre superbe est un hymne à la liberté et à l’amour de
la vie.