Harcèlement
JIMENES, Guy. – Harcèlement. - Oskar ed. - 235 p.
Nouveau dans son collège, Valentin pense avoir trouvé en Bastien un ami. Il ne se doute pas qu'il va devenir le souffre douleur de toute la classe. Bastien et Karim s'amusent, au début, à se moquer de l'adolescent, de sa passion pour la musique, de son goût pour la lecture. Puis ce sont les brimades, les insultes, les crachats, les coups, les humiliations. Valentin se retrouve tout seul, il essaie de parler de sa souffrance à quelques adultes, à ses parents, au principal du collège,...mais personne ne l'écoute vraiment. Surtout que Bastien sait très bien comment manipuler les adultes, et fait passer Valentin pour un affabulateur et un menteur. Alors Valentin subit, encaisse, se tait. Plus il réagit en victime, plus Bastien s'acharne sur lui. L'histoire est racontée sous la forme de courtes interviews, plusieurs personnages donnant, deux ans après le drame, leur version des faits à la psychologue, qui sous couvert d'une enquête sur le harcèlement, interroge des « volontaires anonymes ». Bastien, d'autres élèves, les parents, le principal, chacun raconte ce qu'il a vu à certains moments, ce qu'il a ressenti aussi. Certains avouent leur honte, mais aussi leur agacement à voir Valentin se soumettre ainsi, Valentin qui, parfois, accepte son rôle de victime, refusant même de l'aide. D'autres n'ont pas voulu voir la gravité de ce harcèlement, d'autres encore ont, mollement, essayé de lui insuffler du courage. Voici un livre à proposer à tout le monde. Aux adultes en contact avec des adolescents, pour qu'ils sachent déceler les signes de la souffrance causée par le harcèlement, Et aux jeunes, pour qu'ils réagissent, qu'ils trouvent les mots pour parler de leur souffrance. Mais l'auteur montre bien combien c'est difficile.
A partir de 11 ans.
Annie B.
Adèle, 14 ans, est un garçon manqué et Frédéric son copain d’enfance est perçu comme « trop gentil » par ses camarades. En marge des codes du collège (qualifiés même de « dictature » par Adèle) ils décident de faire croire qu’ils sortent ensemble, afin de mieux s’intégrer, et ça marche ! Ils se sentent enfin respectés… jusqu’au jour où un photographe, ami de la famille, utilise une de leurs photos pour une campagne nationale d’information sur la contraception. Dans ce roman où il est question d’apparence, d’intégration, d’amour et d’amitié, Marie Desplechin traduit avec beaucoup de justesse et d’humour les sentiments et émotions des ados.
Moon, 10 ans, a grandi avec son père dans la forêt d’Alabama, sans lien ou presque avec le monde extérieur. Son père, vétéran du Vietnam, hait le gouvernement américain et a choisi de vivre en marge de la société. Sentant sa mort proche il exhorte son fils à rallier l’Alaska où il trouvera des gens comme eux. Lorsqu’il se retrouve orphelin Moon est confronté à une solitude extrême. Il est déterminé à suivre les instructions de son père mais il est rapidement récupéré par les autorités qui le placent dans un orphelinat. Ne supportant pas l’enfermement il organise une évasion collective assez rocambolesque. Il se lie d’amitié avec Hal, un robuste gaillard, et Kit, un enfant frêle malade d’un cancer. Ce trio insolite va vivre un certain temps dans la forêt, qui se révèle tour à tour protectrice et menaçante, avec à ses trousses le shérif Sanders, une brute épaisse qui veut la peau de Moon. Mais Hal leur fausse compagnie pour rejoindre son père et Kit doit être à nouveau hospitalisé. Cette expérience de l’amitié va ouvrir des portes dans le cœur et l’âme de Moon car s’il est capable de vivre en autarcie dans la nature, il a tout à apprendre de la vie en société. Un magnifique roman d’apprentissage.
Gabrielle a disparu brutalement juste après son mariage avec Jens. Un an plus tard Anne Collodi, sa sœur, reçoit un appel au secours en pleine nuit par le biais de la radio. Empruntant un mystérieux passage, Anne « passe » dans un monde parallèle accompagnée d’un vieil écrivain en mal de création. On bascule avec eux dans cet univers étrange et effrayant, peuplé d’êtres lisses qui ne respirent pas, où les saveurs n’existent pas, où tout est aseptisé et sans vie. Gabrielle est devenue une « capturée », une terrienne enlevée pour le plaisir des dignitaires de ce monde. Dans son combat pour arracher sa sœur à cet univers terrifiant, Anne aura le soutien d’êtres hybrides qui ont la nostalgie de la Terre. Et l’on « respire » en retrouvant notre vieux monde imparfait mais si vivant. Un roman palpitant.
En 1942, la Pologne est occupée par les nazis, et Félix , 10 ans, petit garçon juif, vit depuis plus de 3 ans dans un orphelinat où il attend que ses parents viennent le chercher. Il entend dire que les nazis brûlent les livres, et comme ses parents sont libraires, Félix veut sauver leurs livres. Il s'enfuit de l'orphelinat, persuadé que les nazis brûlent les livres juifs, pas les juifs.. Il prend en charge une petite fille de 6 ans, Zelda, dont les parents (des nazis) viennent d'être assassinés par la résistance polonaise. Pour la distraire, Félix lui raconte des histoires. C'est aussi avec ses histoires inventées qu'il a écrites dans son précieux cahier jaune qu'il réussit à garder l'espoir de retrouver ses parents, malgré les horreurs qu'il découvre au fil des jours. Ce sont ses histoires encore qui aideront les patients du dentiste juif qui les a recueillis, Zelda et lui, à moins souffrir. Félix et Zelda réussissent à s'évader du train qui les conduit en déportation. Félix raconte, avec la naïveté due à son jeune âge, leur fuite, la peur, la faim, le désir d'être protégé par des grands et aussi la violence, les tueries, l'holocauste. Mais aussi les rencontres extraordinaires avec des gens simples et généreux, comme Génia, une fermière qui va les cacher et leur donner une nouvelle identité. L'histoire est en deux parties, les chapitres de la 1ère débutant par “Un jour”, et de la 2ème par “Alors”.C'est un livre bouleversant, plein d'émotion parce que les deux enfants, malgré ce qu'ils vivent, avancent , veulent croire que ce qu'ils voient est impossible, et gardent espoir, malgré tout. Les histoires de Félix poursuivront longtemps le lecteur, ainsi que les mots tant répétés de Zelda “T'es bête ou quoi ?”, et ses petites phrases qui prennent une force incroyable dans le contexte “ Quand j'étais petite, on avait des poules, mais pas des poules nazies, des poules gentilles". A partir de 13 ans
Esclavage moderne – amitié. Nos élèves tout comme Blandine pensent que l’esclavage n’existe plus depuis la fin de la traite des noirs. Yaël Hassan, fidèle à ses convictions d’éducation à la citoyenneté et à l’acceptation de l’autre, nous propose ici un intéressant ouvrage sur l’esclavage moderne qui sévit encore de nos jours et à travers le monde.
La stupeur, puis la colère. C’est ce que ressent le narrateur, lorsqu’il comprend que son père a lu son blog. Il décide alors de rester muet jusqu’à sa majorité et d’afficher indifférence et mépris. « Je ne te parlerai plus jamais tant que j’habiterai sous ce toit. Je continuerai d’obéir puisque je suis dépendant, mais toute communication est coupée ». Malgré les excuses et les regrets exprimés par son père et les tentatives multipliées de médiation par sa mère, il ne cède pas et l’atmosphère à la maison est invivable. Jusqu’à ce qu’il trouve devant la porte de sa chambre un carton déposé par son père : une véritable « boîte de Pandore » contenant des photos, des clichés aux couleurs fanées, des lettres et quatre tomes d’un journal intime qui s’interrompt brutalement. Le regard ironique et sans complaisance avec lequel il aborde la lecture du journal est bientôt supplanté par l’intérêt et l’émotion. Et ce qu’il va découvrir changera non seulement son regard sur son père mais aussi sa relation aux autres. Le projet final d’un « blog à quatre mains » apporte une conclusion heureuse. Et l’on comprend que c’est la construction de soi et le rapport à l’autre qui sont en jeu à travers l’écriture.
