Douze ans, sept mois et onze jours
MURAIL, Lorris. - Douze ans, sept mois et onze jours. - Pocket Jeunesse, 2015. - ISBN 978-2-266-25354-3 : 13,90 €
3ème / Lycée
Huit-clos - vengeance - apprentissage - relation père fils -
Jack Stephenson, est le stéréotype même de l'Américain moyen pour qui un homme « doit être fort, savoir tirer à la carabine, pêcher et embrasser une fille ». Fidèle à l'image qu'il se fait de la virilité, il entretient deux passions, le base-ball et sa voiture, une Chevrolet Impala SS de 1995 et ne peut cacher sa déception à l'encontre de son fils, Walden, un garçon de douze ans, sensible, peu enclin à manier les armes ou la batte de base-ball. Pour répondre à ses attentes et faire de son fils un homme au sens où il l'entend, Jack décide de l'abandonner en plein coeur de la forêt du Maine, dans une cabane avec quelques provisions et éléments indispensables à sa survie, des conditons en quelque sorte semblables à celles de Thoreau, qui avait retracé une semblable expérience, loin de toute forme de civilisation, dans deux livres prisés par Jack Stephenson. D'abord incrédule, Walden ne peut croire son père qui lui annonce qu'il ne reviendra que dans une semaine, lorsque son fils aura atteint précisément l'âge de douze ans, sept mois et onze jours. Chaque jour, Walden va donc inscrire son âge sur un morceau de bois ou toute sorte de chose et ne comprendre que bien plus tard pourquoi ce décompte est si important aux yeux de son père, qui derrière son apparence brutale veut protéger son fils et le soustraire à une vengeance née d'une terrible erreur passée.
Un livre remarquablement construit, qui nous tient en haleine, et ne dévoile sa vérité qu'à la fin. Même l'évolution de Walden, seul en plein coeur de la forêt n'est pas tout à fait celle à laquelle on s'attend et le retournement de situation le plus remarquable est celui de son père, dont le lourd passé, au coeur même du livre, nous le montre sous un jour totalement différent. A croire que la différenciation entre bons et méchants n'est pas tracée aussi nettement qu'on ne le voudrait.
Joelle Dupré, documentaliste collège Paul Bert Auxerre
Eloïse, tout juste majeure et Grégoire, dix sept ans ont choisi de ne pas partir en vacances avec leurs parents mais de rester à Boriro-les-Bains, 
Un livre sur la Corée du nord c’est déjà tellement rare que cela mérite de mettre ce livre en avant. D’autant plus qu’il nous ouvre des portes inimaginables sur le pays le plus fermé au monde. Tellement opaque que par moment dans la lecture, on pense que l’on a à faire à un pays imaginaire tant la « déplanétisation » est incroyable comme le dit une des protagonistes.
Romantique et rêveur, Silas s'occroît parfois le droit d'être seul avec lui-même et de songer à sa petite amie Astrid en se déconnectant du réseau, aussi lorsque celle-ci se fait écraser devant lui par un camion, il est aussitôt submergé par la douleur et ne peut bien sûr pas contenir son chagrin ce qui le conduit directement dans les services de la CEDE. Notre futur est en effet un monde hyper connecté où l'existence de chacun se mesure au nombre d'amis et activités qu'il entretient sur le Réseau. Un monde où l'on se doit d'être heureux, où la douleur n'est pas acceptée, effacée par la CEDE, la Cellule d'Eradication de la Douleur Emotionnelle, chargée d'annihiler tous traumatismes ou traces de souffrances de la mémoire. On appelle cela être oblitéré. Le procédé est obligatoire pour les mineurs, tandis que les adultes y recourent volontairement. Déception, dépression, chagrin, deuil, n'ont plus alors d'intensité et sont oubliés. Un petit point bleu lumineux au creux du poignet rappelle simplement qu'une douleur a été éradiquée. Rares sont désormais ceux qui n'ont pas de marques d'oblitération au poignet et plus rares encore ceux qui reconnaissent la douleur comme étant le signe indubitable de leur humanité. Astrid, la petite amie de Silas était de ceux là. Elle voulait avec quelques autres réveiller les consciences et sa mort sera l'opportunité inespérée de diffuser son message.
Martha, qui coule une paisible retraite à Nice, a été sollicité par sa fille pour accueillir son petit-fils de dix sept ans, Sam, et l'éloigner ainsi de l'ordinateur, télévision et autres jeux vidéo auxquels, selon ses proches, il s'adonne trop, jusqu'à en oublier la vraie vie. Martha n'ayant aucun écran chez elle, les risques seront faibles de le voir céder à son penchant et, en compagnie de sa grand-mère, il pourra lire, préparer sereinement son bac de français et se livrer à sa passion pour la musique. En dehors de son addiction pour tous les moyens de télécommunication modernes, Sam est en effet un bon élève, un pianiste doué et surtout un petit-fils tendre et affectueux, doté d'un solide appétit, avec lequel sa grand-mère entretient d'excellentes relations. La cohabitation avec son petit-fils ne devrait donc pas être insurmontable mais réserve cependant une surprise de taille à Martha qui se découvre un intérêt certain pour l'objet prohibé, l'ordinateur, qu'elle fait entrer chez elle en cachette, rompant ainsi le pacte de confiance conclu avec elle.
Image de soi ; amitié, challenge, Astrid Blomvall, Hakima Idriss et Mireille Laplanche ont été respectivement élues Boudin d'or, Boudin d'argent et Boudin de bonze, au concours sur Internet organisé par Malo, un élève de leur lycée qui consacre chaque année les filles les plus moches de Bourg-en-Bresse. Si Mireille, qui figure au palmarès depuis trois ans, aborde les choses avec un certain détachement dû à son caractère, il n'en va pas de même pour les deux autres Boudins qu'elle prend sous son aile pour les aider à faire face à cette épreuve, transformant même cette infortune en succès médiatique. En effet toutes trois, accompagnées du frère handicapé d'Idriss, décident, pour des motifs divers mais convergents, de monter à Paris « gate-crasher » la garden-party de l'Elysée et de le faire à vélo, tout en vendant du boudin tiré de leur pick-up, ultime pied de nez au concours qui a fait leur notoriété. Une initiative de trois Boudinettes qui ne passera pas inapercue.
Pour respecter les dernières volontés de son fils, le roi Richard Coeur de Lion, la reine Aliénor a confié une périlleuse mission au Chevalier Ivanhoé et ses champions d'Albion, celle de se rendre en Limousin, pour y récupérer un coffre dont le contenu ne doit jamais tomber au main de son frère, le Prince Jean. A l'insu de sa mère Rosamund, la confidente de la Reine qui a mis celle-ci en relation avec Ivanhoé, Robyn sa fille adoptive, s'impose au groupe et se joint à lui. Elle devra alors se faire accepter, gagner en confiance et faire preuve d'adresse et d'ingéniosité pour être finalement reconnue et être l'élément déterminant de la victoire.
Suivant les traces des anciennes petites amies de son père, mais sans que le principal intéressé ne s'en doute dans un premier temps, Lucy a planifié un grand voyage avec la complicité de sa grand-mère Maryline, une femme élégante et de caractère, habituée à tout organiser, et ceci en dépit de l'avis contraire de son frère jumeau Jude, qui ne ressent pas le même besoin que sa sœur de se lancer dans cette aventure. Toute la famille, bientôt accompagnée de la chienne Simone, va ainsi prend place à bord d'un camping-car et suivre un chemin qui, de France va les mener jusqu'à Hong Kong, en passant par l'Angleterre et l'Italie mais qui, plus que les kilomètres parcourus, les obligera à dépasser leur souffrance pour revivre enfin au sein d'une famille retrouvée.
Les machines ont définitivement assis leur pouvoir, asservis les humains, avec la complicité de certains d'entre eux. Hommes et femmes portent désormais un numéro en guise de nom, travaillent dans les zones de production où ils ont été assignés. Ils sont peu nombreux à se révolter et à entrer en résistance. Parmi eux les membres dispersés d'une famille qui, indépendamment les uns des autres, résistent en choississant cependant des voies divergentes. Sarah, au plus proche de l'Intelligence Artificielle en étant son ambassatrice et porte parole, espère appréhender sa façon de penser et donc pouvoir l'influencer favorablement. Invité à collaborer, son fils Thomas, choisit lui aussi de sauver ses amis et de résister sous convert de cette collaboration. Rattrapé par la milice, Tomi, le grand-père, n'a comme d'autre choix que de résister en restant en vie et c'est une autre vie que sa petite fille Jenny tente de mener à terme en dépit de l'interdiction faite aux humains de se reproduire puisqu'elle est enceinte et que son seul but est de réussir à ce que cette vie soit épargnée. Peter, le père, fidèle à l'homme d'action qu'il est, choisit l'action sur le terrain et mène des actions militaires contre des ennemis désignés. dût-il y perdre son nouvel amour.