Le Garçon en pyjama rayé
Boyne, John. - Le garçon en pyjama rayé. - Gallimard, Folio junior. - 2006. - ISBN : 978-2070612987 : 6,30 €

Berlin,1942. Bruno mène une vie heureuse dans la belle et grande maison familiale avec Père, Mère et Gretel, sa grande sœur de 12 ans. Mais la famille doit déménager pour s'installer à Hoche Vite car Père vient d'y être nommé par le Fourreur. La perspective de quitter son quartier, ses grand-parents ainsi que Karl, Daniel et Martin, ses «trois meilleurs amis pour la vie», le rend très malheureux. Et il a du mal à se faire à la nouvelle maison, triste et isolée. Par la fenêtre il découvre qu'au-delà du jardin se trouve une très haute clôture jalonnée de piquets de bois, coiffée de rouleaux de fil de fer barbelé emmêlés en spirale et hérissés de piquants acérés. De l'autre côté de cette barrière il voit des baraquements et des nuages de fumée qui s'étirent au loin dans le ciel. Et puis des gens par centaines, des petits et des grands garçons, des pères, des grand-pères, des oncles, tous vêtus d'un pyjama gris rayé et d'un bonnet assorti. Bruno veut devenir explorateur lorsqu'il sera grand. Bravant alors l'interdiction paternelle, il s'éloigne de la maison et s'aventure le long de la clôture. Il va faire la connaissance de Schmuel, un garçon de son âge. Au fil de leurs rencontres une belle amitié se noue entre les deux enfants. Un jour Bruno va vouloir aider son ami.
Bruno est confronté à un monde qu'il ne comprend pas. Le regard d'enfant naïf et candide qu'il porte sur les choses et les événements souligne l'absurdité de la guerre et l'horreur du génocide. Un roman fort et bouleversant.
Hélène B. Collègé Ancy le Franc
Jérémy vit à la campagne avec sa sœur et des parents aimants. Mais il n'est pas heureux. Il se trouve trop petit, insignifiant, « nul, minable ». Il se sent écrasé par sa sœur, il est envieux de ce qu'ont les autres. Parce qu'il estime que son père ouvrier n'est pas assez cultivé, il en a honte, lui qu'il admirait tant lorsqu'il était enfant. Il a « honte d'avoir honte » et finit par se détester. Depuis quelques temps ses parents ont un comportement étrange. Son père écrit des notes dans un petit carnet noir et sa mère a souvent les yeux humides. Lorsque Jérémy découvre ce qu'on lui cache, sa vie est bouleversée et il se rapproche alors de ses parents.En feuilletant des livres appartenant à son père, il découvre des passages soulignés qui deviennent pour lui comme les parties d'une longue lettre secrète, « une lettre que mon père m'aurait destinée sans le savoir ». Lui que les livres épais « dépriment » imagine alors son père en train de lire ces romans et croit « pouvoir sentir ce qu'il sentait. Et pour la première fois, je devinais tout ce qu'un livre peut contenir ». Il décide alors que sa vie, « même ma vie à moi » vaut la peine d'être vécue. Il se met à écrire en commençant par raconter ses journées, et découvre qu'il y a « des milliers de phrases possibles pour raconter une même histoire », et qu'un mot « choisi à la place d'un autre transformait un peu l'histoire elle-même ». « Quand j'ai compris cela, j'ai eu l'impression d'approcher le secret de la vie (…) Je venais de découvrir que la vie, ma vie, changeait selon les mots que je trouvais pour la décrire. Ce n'était pas une question de mensonge, c'était une question de point de vue ». Réconcilié avec lui-même, Jérémy va dès lors poser un nouveau regard sur le monde. « J'ai décidé que je n'étais pas un garçon de quinze ans parmi des grands champs vides : j'étais un garçon de quinze ans avec un ciel immense au-dessus de lui ».


Anna est renversée par une voiture conduite par un jeune homme richissime, Wynter. Elle est riche elle aussi. Son père est un célèbre architecte qui a offert à New York d'extraordinaires constructions, Mais il a disparu, avec sa mère, et Anna vit avec son majordome, un étrange personnage télekinésiste. Anna ne semble pas maitriser ses souvenirs, beaucoup de choses qu'elle serait sensée connaître paraissent floues. Wynter courtise la jeune fille de façon de plus en plus pressante. Il la conduit dans la tour où réside sa famille, un univers blanc et froid. Si Anna tombe vite amoureuse, elle est déroutée par le comportement étouffant de Wynter, et par celui d'un autre personnage « Le Masque » qui semble être à sa poursuite, par les voix aussi qu'elle entend dans sa tête, des vers de Shakespeare notamment.
Adèle, 14 ans, est un garçon manqué et Frédéric son copain d’enfance est perçu comme « trop gentil » par ses camarades. En marge des codes du collège (qualifiés même de « dictature » par Adèle) ils décident de faire croire qu’ils sortent ensemble, afin de mieux s’intégrer, et ça marche ! Ils se sentent enfin respectés… jusqu’au jour où un photographe, ami de la famille, utilise une de leurs photos pour une campagne nationale d’information sur la contraception. Dans ce roman où il est question d’apparence, d’intégration, d’amour et d’amitié, Marie Desplechin traduit avec beaucoup de justesse et d’humour les sentiments et émotions des ados.
Le pauvre fou, pour les gens de Sponge, c'est Jean Alain , dit Linlin, un simple d'esprit de 17 ans que ses parents essaient de rendre le plus autonome possible, tout en le surveillant de très près. Lorsque Laura, 13 ans, disparaît, Linlin qui l'aimait beaucoup devient le coupable tout désigné. La gendarmerie locale mène l'enquête, cherchant à savoir auprès d'Alice, sa voisine qui l'aimait bien, ce que Linlin cache. Car il n'arrête pas de dire " secret, secret "dès qu'on lui pose des questions. Alice a 16 ans, elle connaît le secret de Linlin, et elle est bien placée pour savoir que cela n'a rien à voir avec la disparition de Laura. Mais chacun vit dans sa bulle à Sponge, et même les gendarmes ont des secrets...
Cela fait
dix ans que le père d’Angel est mort, lui laissant une mystérieuse boite à
ouvrir le 31 Décembre 2010. Il se prépare pour ce rendez vous, si important
pour lui, lorsque débarquent chez lui tous ses copains pour le réveillon.
Pendant les préparatifs, il pense à son père, à leurs moments de complicité, à
l’amour que ses parents se portaient. Il essaie d’imaginer ce que contient la
boite, quel est ce message que lui a laissé son père, à lui qui veut tant lui
ressembler, allant même jusqu’à porter la moustache, comme lui. Cette moustache
qui, finalement, se révélera sacrément importante….
Camille aurait pu basculer dans le désespoir après l’accident de
voiture qui l’a rendu handicapée et clouée pour le restant de ces jours dans un
fauteuil roulant. Son besoin de communiquer va l’amener à créer « le blog
de Kmille » journal intime moderne, servant d’exutoire à sa colère, sa
rage contre le regard des autres, sa dérision. Petit à petit des liens vont se
tisser dans ce monde virtuel, mais c’est dans le monde réel que Camille va
surtout mener son combat. Aidée par des élèves, elle va obtenir que son
handicap soit véritablement accepté par tous et que son collège soit enfin
transformé pour pouvoir l’accueillir dignement. Ce livre sur le handicap et son
ressenti dans la société n’a rien de larmoyant, bien au contraire on sourit et
on rit grâce aux sens de l’humour que Camille à su garder. Le récit est vif,
dynamique, sensible. A confier à tous, pour changer d’opinion sur les grandes
blessures de la vie. 
Aux quatre coins du globe, une guerre nucléaire totale se propage. Tous les pays, toutes les grandes villes sont touchées. Aux Etats-Unis, en France, en Chine et en Egypte quatre adolescents tentent d'échapper à l'horreur et essayent de rallier une base située au Groenland...
Abela est une petite fille au courage incommensurable qui ne baisse jamais les bras, devant la mort de son père, de sa mère, de sa sœur. Elle se bat encore et toujours quand son oncle l'utilise comme sa fausse fille pour obtenir un visa pour l'Angleterre et qu'elle se retrouve abandonnée à nouveau avec une fausse mère enfermée dans un appartement, dans un pays froid et inconnu où elle ne connait personne. Ce qui sauvera Abela c'est son envie d'aller à l'école pour devenir docteur afin de retourner dans son pays soigner les malades du sida. Au fil des pages on suit également Rosa, jeune métis anglo-tanzanienne qui passe par tous les états de révolte, d'incompréhension, de rejet, et d'acceptation depuis que sa mère lui a annoncé sa volonté d'adopter. Ces deux petites filles vont elles finir par se rencontrer, vous porterez avec elles cet espoir tout au long de ce livre captivant. Des personnages attachants, de l'amour à recevoir et à donner... Une vrai leçon de vie, que nous devons faire lire à nos élèves.
« Quand les chevaux courent contre le vent, avec leurs queues et leurs
crinières qui volent, je trouve qu’ils ressemblent à une succession de coups de
pinceau de toutes les couleurs. Je les considère comme les artistes qui
travaillent à embellir cette immense toile du plein air ».
Junior est un indien hydrocéphale, sauvé par une opération dans son enfance qui vit dans une réserve indienne. Son cerveau abimé fait de lui un enfant très intelligent mais rejeté de tous. Suivant les conseils de son professeur il décide d'aller au lycée de la ville blanche à 35 km de la réserve. Et là une autre bataille commence pour ce faire accepter par ces blancs qui n'ont jamais vu un indien lycéen et encore moins intelligent. Ce livre est une véritable leçon de courage que nous donne cet adolescent courageux, opiniâtre et doté d'un humour certain qui va trouver sa place dans ces deux mondes opposés. A garder absolument. De plus, ce livre est parsemé de dessins réalisés par Junior, ils sont drôles, naïfs et attachants et ponctuent parfaitement les dires du narrateur.
Les deux années de
service militaire de Valérie Zenatti, en Israël, de 18 à 20 ans. Avec une
grande honnêteté, l'auteur raconte avec humour deux années spéciales de sa jeunesse
en Israël : la fin du lycée avec le passage des épreuves du bac, ses années
d'incorporation obligatoire dans Tsahal, ses rêves de presqu'adulte, les amis,
l'impossibilité de penser dans l'armée car chaque minute est organisée à obéir,
son chagrin d'amour, ses crises de cafard.... . Un témoignage qui m'a touché et
appris de nombreuses choses sur ce pays. Ecriture alerte.
L'Afrique du Sud en
1995, dans l'après apartheid. Dans une petite ville imaginaire, à l'occasion
des audiences de la Comission Vérité et Réconciliation (réelle celle-ci), des
parents cherchent la vérité sur la disparition de leur fils : Est-il mort ? Où
est-il enterré ? L'histoire est construite comme un roman policier, avec des
êtres humains chacun avec leurs vérités. Bourreaux et victimes sont confrontés
à leurs failles, petites lâchetés, engagement et croyances. Roman écrit par
Gillian Slovo, fille de Joe Slovo,
avocat puis ministre de Nelson Mandela.
Employé comme groom dans un grand hôtel londonien, Johnny Trott, un jeune orphelin, est remarqué par une riche cliente, la
comtesse Kandisky qui possède un chat qu’elle adore, Kaspar. Elle demande à
Johnny de s’occuper de son chat, ce que le jeune garçon va faire avec plaisir,
s’attirant ainsi les bonnes grâces de la comtesse. Lorsque celle çi meurt,
écrasée par un omnibus, Johnny cache le
chat dans sa mansarde. Ce dernier,
désespéré, reprend goût à la vie grâce à Lisbeth, une petite fille espiègle qui
doit repartir avec ses parents en Amérique sur un magnifique paquebot, le
Titanic Johnny embarque avec eux comme passager clandestin. Il va vivre le
naufrage du Titanic, sauver Kaspar, aider Lisbeth à gagner un canot de
sauvetage avec sa mère et le chat. Il
passera la nuit sur un autre canot avec le père de Lisbeth, tous seront sauvés
et Johnny deviendra le fils de la famille, enfin heureux. Le vrai héros n’est
pas Kaspar, même si il est le fil conducteur du récit, mais Johnny, personnage
à la Dickens, attachant, courageux, digne malgré sa pauvreté. Saluons le talent de l'auteur, qui sait si bien raconter des histoires , nous décrire la vie d'un grand hôtel, la misère des rues de Londres, ainsi que le le naufrage du Titanic. Un bon livre pour les plus jeunes, très joliment illustrés par les aquarelles de Foreman.
Après « Entre chiens et
loups », «La
Couleur de la haine » et le « Choix d’aimer »,
voici le 4e tome de cette saga qui nous parle d’un monde où les
Noirs , les “ Prima “ sont les riches et les Blancs , les
“ Nihils ”, beaucoup plus pauvres. Si les choses ont un peu changé
depuis que Callum (Nihil rebelle) et Sephy
(Prima fille de ministre) étaient jeunes dans le 1er tome, les rivalités existent toujours. Callie Rose,
leur fille, a maintenant 16 ans, son ami Tobey, un Nihil, est dans la même classe qu’elle mais il
souffre de ne pouvoir offrir à Callie un cadeau pour son anniversaire. Deux groupes de maffiosi régentent tout dans
la ville, les Dowd et les McAuley. Tobey va, malgré lui, pour gagner de l’argent, “ travailler ”
pour les deux clans et se laisser entraîner dans un tourbillon de trafics. Il
pense contrôler la situation lorsqu’il devient l’ami de Rebecca Dowd, il essaie de jouer sur les deux tableaux
tandis que Callie est dans le coma suite à une blessure par balles lors d’une
fusillade. Tobey est rusé, il saura manipuler les gens, au péril de sa vie …Nous sommes cette fois davantage dans le roman d’aventures que dans le roman réaliste et social, même si
les problèmes de racisme sont encore présents dans cette histoire, où les gangs
font régner la violence. C’est aussi un roman initiatique et une belle
histoire d’amour sur fond de mafia.
Un lycée chic au Luxembourg, le
Gymnasium. Il accueille "les jaguars" jeunes gens dont les
parents occupent des fonctions importantes et quelques "rois du
ruisseau" dont Tadeusz, fils d'immigrés polonais, excellent en
russe. La narratrice, dont on ignore le prénom, est passionnée par
le grec et ne s'intéresse à rien d'autre. Elle passe tout son temps
dans les livres, en particulier dans la bibliothèque de son lycée
où elle a découvert un "bijou" intitulé "Amours des dieux
et des héros". Mais un jour ce livre disparait, emprunté par un
élève qui n'est autre que Tadeusz ! Sa vie bascule alors et elle
qui n'a pas d'amis va découvrir le plaisir de partager ainsi des
sentiments amoureux... Hélas, cette amitié va se terminer de manière
tragique.
Un roman d'un autre genre qui mélange un texte littéraire fort captivant d'un jeune garçon qui vit sur un nuage avec des réfugiés après une catastrophe intervenue sur la planète Terre et de nombreuses apartés documentaires expliquant les phénomènes météorologiques, climatologiques qui règlent la vie sur Terre. Le tout est parfaitement bien équilibré. L'histoire est passionnante et les explications scientifiques abordables et compréhensibles renforcent la teneur de la lecture.
Salim, à qui on a offert un billet, monte dans la grande roue à 11 h 32 et ne réapparait jamais à la sortie. Ted, jeune autiste et sa soeur Kat vont se lancer à la recherche de leur cousin disparu. Dès les premières pages, on s'attache à Ted et à son humour. On apprécie cette façon si particulière qu'il a de décrire sa maladie, à son humour, à son intelligence si différente et si pertinente. Le frêre et la soeur se chamaillent mais s'adorent, ils vont s'unir tant bien que mal pour retrouver Salim suivant une par une les théories explicatives plus ou moins loufoques de Ted. Les parents désemparés sont également attachants. Amour (parental, fraternel), humour, opiniatreté sont les maitres mots de cet ouvrage à garder sans soucis pour le prix.
Comment ne pas succomber à ces quatre filles qui ont perdu leur maman, à ce papa qui assure, à ce chien qui vomit partout et veille sur cette famille exceptionnelle. On pourrait être sceptique à la lecture de l'intitulé du livre "L'été de quatre sœurs, deux lapins et un garçon très intéressant". Tous les codes y sont : magnifique maison, garçon énigmatique et mère acariâtre, jeune jardinier gentil, cuisinière accorte et futur beau père mal intentionné, bien sur on à l'impression d'avoir déjà lu cela, mais c'est si bien fait et on y plonge, car c'est très bien écrit et très agréable à lire. Les personnages (même le chien, et les lapins) hauts en couleur sont attachants, dynamiques, courageux, drôles. La complicité entre les sœurs est solide et donne envie.